Potager bio en Bretagne

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Pour notre réunion mensuelle de novembre 2019, nous avons reçu Marianne Wroblewski et Aourel Le Cornec . Elles sont venues nous présenter leur « guide du potager bio en Bretagne », version revue et augmentée par rapport à 2011 notamment verger, arbustes petits fruits, taille.

Le climat breton, humide toute l’année, n’est pas particulièrement chaud l’été sauf peut-être ces dernières années. Le sol très souvent granitique, acide, pauvre en matière organique, est souvent gorgé d’eau. Nos auteures sont allées glaner des conseils de jardinage pour réussir leurs potagers bio avec ces conditions de culture si spécifiques. On retrouve ainsi le témoignage de personnes très connues telles que Denis Pépin ou Philippe Munier, des professionnels comme Julien Bachelet, petits fruits et Florence Trémorin, arbres fruitiers ou des maraîchers, JF Andrieux et Jacques Gernelle. Certains particuliers ont aussi fait part de leur expérience en terrain humide ou terre de remblai avec la mise en place de buttes ou parcelles surélevées. Les bases de la permaculture et de la biodynamie sont expliquées à travers plusieurs expériences. En résumé, ce guide nous donne tous les éléments pour préparer, cultiver et soigner son potager. En dernière partie, nous pouvons trouver les fiches de 57 légumes et petits fruits avec les indications de facilité de culture, les dates de semis et récoltes, les besoins en amendement et un pictogramme pour les plantes plus particulièrement adaptées au climat breton.

Au cours de nos échanges, les intervenantes ont abordé plus particulièrement certains points. Il est très important d’essayer de faire ses graines en sélectionnant les plants les plus précoces ou tardifs (selon nos besoins), les plus robustes car ils se sont bien adaptés aux conditions de notre potager ou aussi pour sauvegarder les variétés anciennes. Pour certaines plantes, notamment les cucurbitacées, des précautions sont à prendre car la pollinisation croisée se fait sur un rayon d’un kilomètre aux alentours et cela peut donner des courges possiblement toxiques en semis. Pour ce cas particulier, il faut faire soi-même le travail de l’abeille… tôt le matin et fermer la fleur femelle, après fécondation, avec une pince à linge ou un sac kraft et mettre un repère. Pour les plants récupérés par stolons (fraisiers) ou boutures du pied mère (artichaut), on peut arriver à une certaine dégénérescence au bout de quelques temps, ce que l’on n’a pas avec les graines récoltées.

Un autre thème abordé : le problème des escargots et limaces au potager ! Quelques astuces pour tenter de contenir l’attaque de ces redoutables prédateurs… Ils s’intéressent d’abord aux plants chétifs ou nouvellement repiqués. Il faut donc éviter, par exemple, de mettre directement en terre les petits plants sortis de la serre mais plutôt les surélevés dans un coin 2 ou 3 jours pour leur donner le temps de se renforcer. Quand cela est possible, semer en pots et non directement en terre ou utiliser des minimottes pour éviter le stress au niveau racinaire quand elles sont repiquées. Choisir aussi des variétés les plus adaptées et les plus résistantes. Au moment du repiquage pour les potirons, on peut utiliser une bouteille plastique pour les protéger ; on supprime le fond et on garde une petite hauteur, puis fendue pour pouvoir l’installer autour du plant et l’ôter quand le plant aura mis ses premières feuilles. Autre solution, plus courageuse, tôt le matin avec la lampe frontale, dénicher les gastéropodes cachés sous les planches, pots et autres abris. Ou alors semer et planter un peu plus pour la part prélevée ! Sinon en dernier recours, le ferramol mais à utiliser sans excès car la terre se charge en fer.

Pour protéger les légumes de leurs prédateurs, on peut aussi poser des voiles à insectes, valables contre la piérite du chou, la mouche de la carotte et du poireau, les pigeons en ville. Mais de nouveaux venus comme la drosophile posent de sérieux problèmes. Elle est attirée par les fruits rouges, bien mûrs et les rend impropre à la consommation. Et pour le moment, pas de moyen de lutte efficace… Quand il manque les prédateurs pour enrayer les méfaits, on se trouve confronter, par exemple, aux chevreuils qui attaquent l’écorce des jeunes arbres. Par expérience, Ginette nous dit que ses arbres âgés de 12 ans au moins ne sont plus abimés car l’écorce devient trop dure pour les chevreuils. Sinon les manchons métalliques sont les seuls protections possibles…. en attendant les loups !!!

Contre les mulots et campagnols qui utilisent les galeries des taupes, on a quelques parades. En premier lieu, le chat mais pas toujours accepté par les amoureux des oiseaux auxquels il s’attaque à l’occasion. La grelinette permet d’effondrer les galeries sans perturber les cultures. Le tourteau de ricin les détruit sans conteste mais il est toxique aussi pour les animaux de compagnie, chiens et chats donc attention ! La terre, l’eau et les plantes ne sont pas contaminées. Mais peut-être que quelques plants disséminés dans le jardin pourraient aussi faire l’attention ; à tester…

En conclusion, il faut aussi s’armer de patience pour que l’environnement soit réactif, en général 5 ans, le temps que les prédateurs se mettent en place. Et notre participation active aussi : un coin de pelouse non tondue, des abris à insectes, une petite mare… Et quand crapauds, salamandres, papillons, hérissons auront investi votre jardin, la partie sera gagnée.

Cliquer sur le lien ci-dessous pour avoir le sommaire du guide.

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JG