Intérêt ornemental des végétaux en hiver

Rencontre Mensuelle d’avril : conférence présentée par Arnaud Tilly et Willy Ouvrard

« Depuis quelques années le jardin en hiver est devenu tendance. Pourtant certains grands jardiniers comme la Princesse Sturdza au Vasterival, ou le Prince Wolkonski à Kerdalo ont pensé leur jardin pour les quatre saisons depuis plusieurs décennies !

Robert et Jelenna de Belder ont pour leur part beaucoup hybridé les Hamamélis et créé de nombreuses variétés qui fleurissent au cœur de l’hiver. 

Mais je pense que ce qui a beaucoup popularisé le jardin en hiver c’est le travail photographique de Cédric Pollet sur les écorces. Je commencerais donc par une sélection de plantes à écorce remarquables. 

J’évoquerai ensuite les floraisons puis les fructifications hivernales, les plantes graphiques. J’ai choisi de faire l’impasse sur plusieurs genres comme les camellias et les mimosas pour les floraisons ou les pittosporums et les phormiums pour les feuillages.

 J’ai également éludé les vivaces et les bulbeuses par manque de temps et pour que le catalogue ne devienne pas trop ennuyeux… Les feuillages persistants et les conifères seront étudiés ultérieurement. »

1 – LES PLANTES A ECORCE ORNEMENTALE

L’intérêt de l’hiver pour les écorces c’est, dans la plupart des cas, l’absence de feuilles qui permet de bien voir les troncs et les rameaux. On remarque aussi que certaines écorces ont une couleur accentuée ou différente en hiver. Malheureusement le vieux bois perd souvent ses couleurs pour devenir brun ou gris à partir de la base.

Les érables : deux groupes principaux sont à retenir : les érables du Japon et les érables jaspés ou à peau de serpent.

Parmi les érables du Japon : À noter que l’espèce type issue de semis présente des variations de couleur du vert au violacé plus ou moins prononcé. Ces érables sont à planter dans un sol bien drainé ; s’il est humide, ne pas hésiter à planter en butte.

 

  

Acer palmatum ‘Bi Hoo’ présente une écorce jaune qui devient presque orange fluo en hiver.

Acer palmatum ‘Eddisbury’ a une écorce rouge vif toute l’année.

Acer palmatum ‘Sangokaku’ a une écorce qui devient rouge vif.

Parmi les érables jaspés :

 

Acer pensylvanicum ‘Erythrocladum’ : écorce orangée devenant rouge en hiver.

 

 

Acer x conspicuum ‘Phoenix’ (hybride entre A. davidii et A. pensylvanicum): écorce jaune devenant rouge orangé en hiver, veiné de rouge vif. Le froid colore davantage l’écorce. Environ 4 m de haut.

Acer x conspicuum ‘Red Flamingo’ : jeune rameaux rouge vif, veinage blanc.

 

 

Acer tegmentosum : écorce jaunâtre striée de blanc. Plus de 5 m de haut.

Acer griseum : écorce cannelle qui s’exfolie en s’enroulant.

 

Les prunus :  au jardin d’ornement les prunus sont surtout connus pour leur floraison, mais certains ont des écorces remarquables.

  

Prunus maackii : écorce dorée à ambrée, cerisier à grappes à floraison blanche en avril/mai.

Prunus serrula et ses cultivars : écorce brun acajou brillante avec lenticelles blanches. Se desquame. Les fleurs sont discrètes et les feuilles plus fines.

Prunus rufa : écorce acajou sombre avec lenticelles blanches.

 

Les bouleaux

  

Betula utilis var jacquemontii : écorce blanche.

Betula ermanii : teinte beige rosé.

Betula nigra : écorce brun clair s’exfoliant fortement même jeune.

Les prunus  et les betula sont beaucoup plus beaux en cépée plutôt qu’en tronc unique ; ils seront aussi moins hauts. Pour garder une belle écorce, on peut laver voire brosser les troncs mais à ne pas faire chaque année, tous les 3 ans suffisent.

 

Les cornouillers

  

Cornus alba ‘Sibirica’, ‘Bâton rouge’, ‘Sibirica Variegata’, ‘Aurea’ : écorce rouge plus ou moins vif. Les 2 derniers ont un feuillage panaché.

Cornus sanguinea ‘Midwinter Fire’ : jeunes rameaux jaunes à orange fluo. Il a un port plus raide que ‘Sibirica’.

Cornus wilsoniana : écorce gris clair presque blanc avec desquamation en plaques verdâtres. Peut être persistant s’il ne fait pas trop froid.

Sur sol riche, ces cornus sont à tailler tous les ans très courts sinon tous les deux à trois ans.

Pour mettre en valeur les écorces, il faut des scènes d’hiver très aérées pour que la lumière pénètre davantage. On peut, pour cela, pratiquer une taille par transparence. Des persistants en masse ronde au pied soulignent bien le tableau.

 

Les bambous

  

Fargesia papyrifera : un bambou cespiteux (qui fait une touffe de Ø 2,50 m environ mais ne trace pas) de 4 à 6 m de haut. Le chaume de l’année est bleuté. Il vaut mieux supprimer les chaumes de l’année précédente qui ont perdu leur pruine bleutée pour mettre en valeur les nouveaux chaumes.

Phyllostachys nigra : bambou semi-traçant de 4 à 6 m de haut. Chaumes poussant vert foncé devenant progressivement noir brillant.

   

Phyllostachys aureosulcata ‘Spectabilis’ : bambous traçants de 5 à 7 m au chaume jaune et au sulcus vert (entre nœud).

 Phyllostachys aureosulcata ‘Aureocaulis’ : chaume entièrement jaune, jeunes pousses rougissant au soleil.

On peut supprimer les feuilles en bas des tiges pour mettre les bambous en valeur.

 

Divers

  

Luma apiculata : écorce cannelle avec desquamation en lanières laissant apparaître du blanc.

Heptacodium miconioides : écorce jaunâtre se desquamant en lanières. Floraison blanche en fin d’été, progressivement remplacées par un calice rouge persistant jusqu’en automne.

  

Fuchsia excorticata : Fuchsia néo-zélandais formant un arbuste de 2,50 m de haut et Ø 3 m. Tronc ramifié devenant assez imposant. Desquamation en lambeaux laissant apparaître la nouvelle écorce brun clair. Fleurs d’abord verdâtres devenant progressivement fuchsia.

Salix ‘Erythroflexuosa’ : rameaux ondulés de couleur orangé.

Styphnolobium japonicum ‘Winter Gold’ : écorce jaune soutenu. Rend très bien sur un fond d’arbres à feuillage persistant aux teintes foncées.

  

Stewartia pseudocamellia : écorce âgée se desquamant par plaques de différents tons de gris, brun, vert.

Clethra barbinervis : écorce âgée se desquamant par plaques de différents tons de brun et de vert. Floraison estivale en épis blancs très parfumés.

  

Pseudocydonia sinensis : écorce âgée se desquamant par plaques de différents tons de brun et de vert. Gros fruits jaunes. Floraison rose.

Arbutus x andrachnoides : les sujets âgés offrent une belle écorce qui se desquame en lanières, laissant apparaître des teintes ocrées et acajou en hiver, vertes au printemps. Floraison automnale blanche suivie d’une fructification qui passe du vert au rouge. Port arborescent bien ramifié. Hauteur 6 m.

 

2 – PLANTES A FLORAISON HIVERNALE

Les bruyères sont les végétaux qui offrent la floraison hivernale la plus longue. Elles ont en plus l’avantage d’être mellifères. A tailler tous les 2 ou  trois ans en coussin. Très joli en association avec des graminées.

 Erica x darleyensis ‘Eva Gold’ : floraison rose soutenu, XI–IV, feuillage doré rougissant en hiver.

Erica x darleyensis WINTER BELLES® ‘Katia’ : gros fleurons blancs, XI-IV.

Erica x darleyensis ‘Jenny Porter’ : floraison blanc-mauve, IX-IV.

Erica x darleyensis WINTER BELLES® ‘Tyann’ : gros fleurons rose-rouge, I-IV.

Erica x darleyensis WINTER BELLES® ‘Lucie’ : rose violacé, floraison tardive II-IV.

Erica x darleyensis ‘Lea’ : floraison tardive II-V, rose violacé.

Calluna vulgaris ‘Wickwar Flame’ : floraison rose-violacé VIII-IX, feuillage doré, rouge-orangé en hiver.

  

Les hamamélis  fleurissent entre janvier et mars selon les cultivars. Les pétales sont toujours soit jaune, soit orangés, soit rouge, mais avec beaucoup de variations dans ces couleurs. Les différences sont dans la longueur des pétales, la coloration automnale du feuillage, le port de l’arbuste, le parfum et l’époque de floraison.

Hamamelis x intermedia ‘Aphrodite’ : orange ocré, parfum léger, port étalé, floraison tardive – ‘Diane’ :  rouge, peu parfumé, port étalé couleur d’automne rouge-orangé – ‘Orange Peel’ : floraison orange lumineux, parfum d’agrume.

Hamamelis x intermedia ‘Arnold Promise’ : floraison jaune vif, parfumé, tardive. Port évasé feuillage jaune/orange/rouge, tardif.

 

Les corylopsis fleurissent jaune, en fin d’hiver (fin février/début mars), avant l’apparition du feuillage. Ils ont un port buissonnant très ramifié et préfèrent une ombre claire.

 

     

Corylopsis pauciflora : inflorescence pendante, coutes, jaune pâle.

Corylopsis spicata : inflorescence plus longue, jaune beurre.

Corylopsis sinensis ‘Spring Purple’ : inflorescence longue, jaune plus vif. Jeune feuillage pourpré coloration automnale rouge orangée.

 

Les cornouillers : deux espèces de cornouillers très proches l’une de l’autre fleurissent en février en petites inflorescences hémisphériques jaunes. Ils produisent tous deux des fruits comestibles à l’automne.

 

   

 Cornus mas : espèce d’origine européenne qu’on rencontre parfois dans les haies.

 Cornus officinalis : espèce asiatique ; les sujets âgés possèdent une écorce qui se desquame, ses fruits arrivent à maturité plus tard et restent tard sur l’arbre après la chute des feuilles.

 

Les chèvrefeuilles arbustifs : quelques chèvrefeuilles arbustifs fleurissent en hiver.

 

   

Lonicera x purpusii : hybride entre Lonicera fragrantissima et Lonicera Standishii. Très proche de Lonicera fragrantissima, même parfum citronné. Floraison blanche entre janvier et mars. Port un peu fouillis.

Lonicera gracilipes var grandis : floraison en tubes pendants rose, fin février/mars. Port plus raide. Non parfumé.

 

Les viornes : quelques viornes fleurissent en hiver dont la plus connue est le laurier tin qui fleurit de l’automne au printemps et possède un feuillage persistant. D’autres espèces caduques fleurissent aussi en hiver.

Viburnum farreri et Viburnum x bodnantense : deux espèces proches, floraison en grappes pendantes blanc rosé, parfumées, pendant les périodes douces entre novembre et mars, floraison stoppée pendant les périodes pluvieuses et très froides, port érigé assez raide.

 

Les sarcococcas : ils forment des bouquets touffus de tiges peu ramifiées, arquées vers leur sommet. Ils sont plus ou moins hauts selon les espèces. Ils possèdent un feuillage persistant vert sombre et de nombreuses fleurs petites mais très parfumées. Ils poussent en zone ombragée à mi ombragée.

Sarcococca confusa : floraison parfumée entre janvier et mars, suivie de fruits noirs. Environ 80 cm de haut. Sarcococca saligna : longue feuille évoquant un saule ou un bambou. Port buissonnant érigé. Non parfumé.

Sarcococca hookeriana var dygina : sarcococca drageonnant d’environ 1 m de haut. Feuilles assez longues. Floraison parfumée entre février et avril. Sarcococca hookeriana var humilis :floraison parfumée entre fin février et début avril. Port compact, drageonnant d’une quarantaine de centimètres de haut.

 

Les mahonias : grands arbustes au port dressé de plus de 2 m de haut, à feuillage persistant piquant qui peut prendre des teintes rouges entre l’automne et le printemps. Fructification bleutée puis noire.

   

Mahonia japonica : floraison en bouquet d’épis floraux situés à l’extrémité des tiges. Epis étalés jaunes, parfumés et mellifères, en janvier et février. Belle fructification bleutée. Mahonia x media (hybride entre M. japonica et M.lomariifolia): floraison en bouquets d’épis floraux dressés, jaune vif entre janvier et mars. Jeunes feuilles rougeâtres. Ils peuvent être recepés en février pour garder un port plus compact.

Skimmia x confusa ‘Kew Green’ (mâle) : inflorescence verdâtre depuis l’automne, port étalé de 80 cm à 1 m de haut. Pas de fruit.

Edgeworthia chrysantha : comme pour le Skimmia, ses inflorescences se remarquent depuis l’automne, mais sur un buisson nu qui laisse apparaître des ramifications assez épaisses. L’inflorescence grossit petit à petit et les fleurs s’ouvrent entre février et mars. Floraison parfumée. E. c. ‘Red Dragon’ est un cultivar à fleur orange.

 

Chimonanthus praecox : arbuste buissonnant à feuilles caduques. Floraison jaune avec le cœur de la fleur rouge entre décembre et février, parfum épicé. C. p. ‘Luteus’ est un cultivar à floraison entièrement jaune.

Daphne odora : buisson dense persistant de pousse lente atteignant environ 1 m, situation ombragée, floraison hivernale blanc rosée, très parfumée entre février et avril. Le plus facile à cultiver. La neige et le vent peuvent abimer les branches. Taille légère si besoin est.

 

    

Eriostemon myoporoides : buisson persistant à feuillage aromatique d’environ 1,50 m. Boutons rosés en automne suivis d’une floraison blanche parfumée entre mi-novembre et mi-avril. Situation ensoleillée protégée du vent, sol bien drainé.

Rhododendron ‘Ostara’ : hybride de Rhododendron mucronulatum : floraison en mars, couleur rose vif. Petites feuilles persistantes.

 

Propos et diaporamas d’Arnaud Tilly et Willy Ouvrard. Première partie

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